CONCRETE
2010
plat pneu


L’installation concrete s’inspire d’une construction typique du 16, 17 et 18ème siècle des paysages de la chaîne jurassienne, le mur en pierres sèches. En effet, cette région essentiellement vouée à l’agriculture pastorale est constituée de grands espaces où alternent, selon l’altitude, pâturage boisés, forêts et champs cultivés. L’histoire nous apprend que l’on construisait, déplaçait des murets et que l’on remplaçait les haies sèches par des murs en pierres sèches. Ils font aujourd’hui partie intégrante de la remise en valeur du patrimoine historique et culturel et ont un rôle important dans la protection des paysages et de la nature. A l’instar de ces murs typiques l’installation concrete quant à elle composée de blocs en céramiques de format divers représente la roche brute mais également des blocs de béton. Ce transfert de matériaux à pour but de créer une ambiguïté entre la nature et l’artifice, entre les minéraux et des matériaux composites, entre la pureté et l’alliage de certaines matières nobles ou au contraire dénaturé. Le bloc de béton extrait d’un chantier quelconque est ensuite moulé puis reproduit en céramique de sorte à troubler certains de nos codes de représentation. En effet, en utilisant le béton, matériaux omniscient de construction actuelle, l’installation concrete tente avec humour accusateur de démontrer une singulière réalité, celle de l’envahissement croissant des m3 de béton. Ainsi les minéraux faisant partie intégrante des ressources naturelles pourraient se voir remplacés par un alliage de matériaux composites fabriqués artificiellement et ainsi formé un paysage synthétique. Paysage à l’antithèse de la nature et possible vestige futur.



FICHE TECHNIQUE
Technique : estampage
Matériaux : Grès, pigments noirs et gris, émail
Cuisson : 1250°C
Dimension : variable